Coureur utilisant un rouleau de massage et marcheuse préparant leur récupération

Automassages du coureur et du marcheur

Coureur utilisant un rouleau de massage et marcheuse préparant leur récupération
Guide complet ACFA

Automassages du coureur et du marcheur

Des gestes simples avec un rouleau pour détendre les muscles, réduire la sensation de raideur et favoriser la récupération après la course, la marche sportive ou la randonnée.

Course sur route, trail, marche sportive ou randonnée : nos muscles sont régulièrement sollicités et peuvent devenir raides, sensibles ou inconfortables après l’effort.

Pratiqués avec les mains ou un rouleau, les automassages sont des gestes simples que chacun peut réaliser à son rythme. Ils peuvent contribuer à détendre les muscles, à réduire la sensation de raideur et à améliorer temporairement la mobilité. Ils constituent également un moment agréable pour prendre soin de son corps et mieux identifier les zones particulièrement sollicitées.

Dans ce guide, l’ACFA vous présente les principales zones à masser : les mollets, les ischio-jambiers, les quadriceps, les fessiers, le haut du dos et la région lombaire.

Pour chaque zone, vous découvrirez une position simple, le mouvement à réaliser, une durée indicative, les erreurs à éviter et, lorsque cela est utile, une variante plus facile.

Avant de commencer

Un automassage doit rester confortable. Une légère sensibilité peut être ressentie sur un muscle tendu, mais la pression ne doit jamais provoquer une douleur vive.

Commencez doucement, puis augmentez progressivement la pression si la sensation reste supportable. Respirez lentement et évitez les mouvements rapides ou brusques.

Ne massez jamais :
  • un os, une articulation ou l’arrière du genou ;
  • le tendon d’Achille ou la nuque ;
  • une plaie, un hématome ou une zone gonflée ;
  • une zone récemment blessée ou anormalement douloureuse.

Interrompez immédiatement le massage en cas de douleur aiguë, de brûlure, d’engourdissement ou de fourmillements.

En présence d’une blessure récente, d’une douleur persistante, de troubles circulatoires, d’un traitement anticoagulant ou d’un problème de santé particulier, demandez conseil à un médecin, un kinésithérapeute ou un autre professionnel de santé.

À retenir : ce guide propose des conseils généraux. Il ne remplace ni un diagnostic ni une prise en charge médicale.

1. Quel matériel utiliser ?

Il n’est pas nécessaire de disposer d’un équipement sophistiqué. Ces accessoires se trouvent facilement dans les magasins de sport habituels.

Le rouleau lisse

C’est l’accessoire le plus polyvalent. Il convient aux mollets, aux cuisses, aux fessiers et au dos. Pour débuter, choisissez un modèle relativement souple.

Idéal pour commencer.

Le rouleau à reliefs

Ses bosses concentrent davantage la pression. Il s’adresse surtout aux personnes déjà habituées aux automassages.

Une pression plus forte n’est pas forcément plus efficace.

Le bâton de massage

Il se tient avec les deux mains et permet de régler facilement la pression sans s’allonger au sol.

Pratique pour les mollets et les cuisses.

Le tapis de sol

Il améliore le confort et la stabilité. Choisissez un tapis suffisamment épais pour protéger les genoux, les coudes et les avant-bras.

Pour commencer : un tapis et un rouleau lisse relativement souple suffisent pour réaliser les exercices de ce guide.

2. Les mollets

Les mollets sont très sollicités en course comme en marche, notamment lors de la propulsion et dans les montées. Ils peuvent rapidement devenir tendus ou sensibles.

Automassage des mollets avec un rouleau

Avec un rouleau

Asseyez-vous au sol, une jambe tendue. Placez le rouleau sous le mollet et posez les mains derrière vous pour vous soutenir. Faites rouler lentement de la partie haute de la cheville jusqu’au-dessous du genou.

Travaillez une jambe après l’autre. Pour augmenter modérément la pression, vous pouvez croiser la jambe libre sur celle qui est massée.

Durée : 1 à 2 minutes par jambe

Erreurs à éviter

  • rouler trop vite ;
  • exercer immédiatement une pression excessive ;
  • masser directement le tendon d’Achille ou l’arrière du genou.
Variante plus douce : posez les deux mollets sur le rouleau et gardez davantage de poids sur vos bras et votre bassin.

3. Les ischio-jambiers

Situés à l’arrière de la cuisse, les ischio-jambiers participent à la propulsion et sont particulièrement sollicités lors des foulées longues ou sur terrain vallonné.

Automassage des ischio-jambiers avec un rouleau

Avec un rouleau

Asseyez-vous au sol, le rouleau sous l’arrière d’une cuisse. Placez les mains derrière vous, soulevez légèrement le bassin et faites rouler du bas des fessiers jusqu’au-dessus du genou.

Travaillez une jambe après l’autre pour mieux contrôler le mouvement et la pression.

Durée : 1 à 2 minutes par jambe

Erreurs à éviter

  • comprimer directement l’arrière du genou ;
  • effectuer de grands mouvements rapides ;
  • laisser le bassin s’effondrer sur le rouleau.

4. Les quadriceps

Situés à l’avant de la cuisse, les quadriceps sont fortement sollicités dans les montées, les descentes, les escaliers et lors des accélérations.

Automassage des quadriceps avec un rouleau

Avec un rouleau

Allongez-vous sur le ventre, en appui sur les avant-bras, et placez le rouleau sous une cuisse. Faites-le rouler lentement depuis le haut du genou jusqu’à la hanche, sans toucher la rotule.

Contractez légèrement les abdominaux afin de conserver le bassin stable et le bas du dos dans une position confortable.

Durée : 1 à 2 minutes par jambe

Erreurs à éviter

  • cambrer excessivement le bas du dos ;
  • faire rouler le matériel sur la rotule ;
  • exercer une pression trop forte dès le début.

5. Les fessiers

Les muscles fessiers participent à la stabilité du bassin et à la propulsion. Ils sont particulièrement sollicités dans les montées, les escaliers et les longues randonnées.

Automassage des fessiers avec un rouleau

Avec un rouleau

Asseyez-vous sur le rouleau, les genoux fléchis et les mains derrière vous. Inclinez légèrement le bassin vers la fesse à masser. Pour cibler davantage la zone, posez la cheville de la jambe massée sur le genou opposé.

Effectuez de petits mouvements lents sur la partie charnue de la fesse, puis changez de côté.

Durée : 1 à 2 minutes par côté

Erreurs à éviter

  • rouler directement sur le sacrum ou l’os de la hanche ;
  • effectuer des mouvements trop rapides ;
  • poursuivre si la douleur descend dans la jambe.
Variante plus douce : gardez les deux pieds au sol, choisissez un rouleau plus souple et soutenez davantage votre poids avec les bras.

6. Le haut du dos

Le haut du dos peut devenir raide après une sortie prolongée, notamment lorsque les épaules restent contractées ou que le buste est penché vers l’avant. Le port d’un sac peut également augmenter les tensions.

Automassage du haut du dos avec un rouleau placé sous les omoplates

Avec un rouleau

Placez le rouleau transversalement sous les omoplates. Gardez les genoux fléchis et les pieds bien à plat. Soutenez doucement votre tête avec les mains, sans tirer sur la nuque.

Soulevez légèrement le bassin et déplacez le corps lentement depuis les omoplates jusqu’au bas de la cage thoracique, sans descendre sur les lombaires.

Durée : 1 à 2 minutes

Erreurs à éviter

  • faire rouler le matériel sur la nuque ;
  • descendre directement sur la région lombaire ;
  • creuser excessivement le bas du dos ;
  • tirer sur la tête avec les mains.

7. La région lombaire

La région lombaire peut être sollicitée lors des longues sorties, des montées, des descentes ou du port d’un sac. Son automassage doit être réalisé avec beaucoup de douceur et uniquement en l’absence de douleur ou de problème de dos connu.

Automassage très doux de la région lombaire avec un rouleau

Avec un rouleau souple

Allongez-vous sur le dos, les genoux fléchis et les pieds bien à plat. Placez un rouleau relativement souple sous le bas du dos. Croisez les bras sur la poitrine, contractez légèrement les abdominaux et soulevez modérément le bassin.

En vous aidant des jambes, effectuez de très petits déplacements lents et contrôlés. Ne remontez pas sur les côtes et ne descendez pas sur le sacrum ou le bassin. Réduisez immédiatement la pression si le contact est inconfortable.

Durée : 20 à 30 secondes pour commencer

Erreurs à éviter

  • utiliser un rouleau très dur ou fortement bosselé ;
  • laisser tout le poids du corps reposer sur le rouleau ;
  • effectuer des mouvements rapides ou de grande amplitude ;
  • poursuivre si la douleur descend vers la fesse ou la jambe ;
  • continuer en cas de fourmillements ou d’engourdissement.
Prudence : cet exercice ne convient pas à tout le monde. En cas de douleurs lombaires régulières, de sciatique, d’intervention récente, d’ostéoporose importante ou de problème de dos connu, demandez l’avis d’un professionnel de santé.

8. Quand pratiquer les automassages ?

Avant de courir ou de marcher

Effectuez quelques passages fluides avec une pression légère à modérée. L’automassage ne remplace pas l’échauffement : poursuivez avec de la marche active, de la course lente et des mouvements dynamiques.

20 à 30 secondes par zone

Après l’effort

Marchez tranquillement et laissez votre respiration revenir au calme. Utilisez ensuite des mouvements lents et une pression modérée. Après une compétition ou une très longue sortie, commencez avec une grande prudence ou reportez la séance au lendemain.

1 à 2 minutes par zone

Pendant une journée de récupération

Une séance plus complète peut être réalisée lors d’une journée sans entraînement. Il n’est pas nécessaire de masser tout le corps : concentrez-vous sur les muscles réellement sollicités.

10 à 15 minutes au total
Fréquence : une séance légère peut être pratiquée plusieurs fois par semaine si elle reste confortable. La régularité est préférable à une séance occasionnelle très appuyée.

9. Trois routines faciles à suivre

5 min

Routine express

  • Mollets : 30 s par jambe
  • Ischio-jambiers : 30 s par jambe
  • Quadriceps : 45 s par jambe
  • Fessiers : 30 s par côté
10 min

Récupération

  • Mollets : 1 min par jambe
  • Ischio-jambiers : 1 min par jambe
  • Quadriceps : 1 min par jambe
  • Fessiers : 1 min par côté
  • Haut du dos : 2 min
15 min

Routine complète

  • Jambes et fessiers : 8 min
  • Haut du dos : 2 min
  • Lombaires : 20 à 30 s
  • Zones les plus sollicitées : temps restant

Ces durées restent indicatives. Le meilleur repère demeure votre ressenti : un automassage doit apporter du confort et ne pas devenir une épreuve supplémentaire.

10. Quand faut-il éviter les automassages ?

Les automassages s’adressent à des muscles sains, éventuellement fatigués ou légèrement raides. Ils ne doivent pas servir à traiter soi-même une blessure ou une douleur inexpliquée.

Évitez de masser une zone présentant :
  • une douleur vive ou inhabituelle ;
  • un gonflement important, une rougeur ou une chaleur anormale ;
  • un hématome récent, une plaie ou une infection cutanée ;
  • une entorse, une déchirure ou une fracture récente ;
  • une perte de sensibilité, des fourmillements ou un engourdissement.

Ne massez pas une jambe douloureuse, chaude et gonflée sans avis médical. En cas de traitement anticoagulant, de troubles circulatoires connus, d’ostéoporose importante ou d’intervention chirurgicale récente, demandez conseil à un professionnel de santé.

11. Questions fréquentes

Un automassage doit-il faire mal ?

Non. Une légère sensibilité peut être ressentie, mais le massage doit rester supportable. Sur une échelle de 0 à 10, restez autour de 3 ou 4. Si vous bloquez votre respiration ou crispez tout le corps, réduisez la pression.

Combien de temps faut-il masser une zone ?

Pour commencer, 30 secondes à 1 minute peuvent suffire. La durée peut ensuite atteindre 1 à 2 minutes par groupe musculaire si le massage reste confortable.

Peut-on pratiquer tous les jours ?

Une séance légère peut être pratiquée quotidiennement si elle ne provoque ni douleur persistante, ni irritation, ni hématome.

Peut-on se masser immédiatement après une course ?

Après une sortie habituelle, marchez quelques minutes et attendez le retour au calme. Après une compétition ou une très longue sortie, commencez prudemment et reportez la séance si elle est inconfortable.

Rouleau lisse ou rouleau à reliefs ?

Un rouleau lisse et relativement souple convient mieux aux débutants. Le rouleau à reliefs concentre davantage la pression, mais il n’est pas nécessairement plus efficace.

Le rouleau remplace-t-il les étirements ?

Non. Ce sont deux pratiques différentes. Elles peuvent être associées, mais aucune ne remplace un échauffement progressif, une récupération adaptée ou un travail régulier de mobilité.

Les automassages préviennent-ils les blessures ?

Ils peuvent apporter une sensation de détente et améliorer temporairement la mobilité, mais ils ne garantissent pas l’absence de blessure. La prévention repose aussi sur une progression raisonnable, un équipement adapté, le sommeil et la récupération.

Pour aller plus loin avec les guides ACFA

Les automassages ne constituent qu’un aspect de la récupération et de la préparation. Retrouvez également les autres guides pratiques de l’ACFA pour courir, marcher et progresser dans de bonnes conditions.

12. Sources et références

Ce guide s’appuie sur plusieurs publications consacrées aux automassages, à l’utilisation du rouleau, à la mobilité et à la récupération.

Consulter les sources et références
  1. Cheatham S.W. et coll. (2015), The Effects of Self-Myofascial Release Using a Foam Roll or Roller Massager on Joint Range of Motion, Muscle Recovery, and Performance.
  2. Wiewelhove T. et coll. (2019), A Meta-Analysis of the Effects of Foam Rolling on Performance and Recovery.
  3. Hendricks S. et coll. (2020), Effects of Foam Rolling on Performance and Recovery.
  4. Konrad A. et coll. (2021), A Comparison of the Effects of Foam Rolling and Stretching on Physical Performance.
  5. Konrad A. et coll. (2022), Foam Rolling Training Effects on Range of Motion.
  6. Assurance Maladie, informations relatives aux troubles circulatoires des jambes.
  7. Martel Ségolène, « Massez-vous ! », Running Attitude, pages 54-55. Numéro et date de parution à compléter.

Les résultats scientifiques doivent être interprétés avec mesure. Les effets observés sur la mobilité, les courbatures, la récupération ou la performance varient selon les personnes et les méthodes utilisées.

Pour conclure

Les automassages peuvent facilement trouver leur place dans les habitudes du coureur et du marcheur. Quelques minutes, un matériel simple et des gestes sans précipitation suffisent pour offrir aux muscles un moment de détente après l’effort.

L’essentiel n’est pas d’appuyer le plus fort possible, mais d’adopter une pratique progressive, régulière et confortable.

Prenez soin de vos muscles… ils vous accompagneront encore longtemps sur les routes, les chemins et les sentiers !